Les PME sont victimes de la rationalisation de la commande publique. Depuis le début de l'année, la Fédération de l'Equipement de Bureau (FEB) a été alertée par ses adhérents qui perdent des marchés publics (préfectures, services fiscaux, armées, tribunaux, Pôle Emploi, etc). La perte représenterait 20 % du chiffre d'affaires de ces PME. « Dans un premier temps, cette dérive pourrait conduire à la suppression de 20 000 emplois, dans cette filière qui compte 100 000 salariés, mais le danger est que les défaillances d'entreprise se multiplient ensuite rapidement, déclare André Vidal, Président de la FEB pour qui « l'Etat n'avait pas mesuré le périmètre des conséquences d'un tel bouleversement des marchés publics. »
Les fournisseurs des administrations comprennent la volonté de l'Etat de réduire ses dépenses de 10 % et avaient salué les annonces gouvernementales pour permettre « le plus large accès des PME à la commande publique ». Mais ces intentions sont démenties par les faits. À mesure que les marchés sont renouvelés, il apparaît que ces 10 % d'économie sont obtenus par la « massification » des marchés de l'Etat, mise en œuvre par le nouveau Service des Achats de l'Etat (SAE).
Les responsables de la FEB citent une note adressée aux acheteurs de l'Etat en septembre dernier, qui indique que, dans l'hypothèse où un service local estimerait qu'il peut bénéficier de conditions significativement plus avantageuses, il doit contacter son RAM (Responsable des achats ministériels) pour examiner avec lui si un avenant plus favorable peut être négocié avec le fournisseur titulaire du marché national. Depuis cette note, les fournisseurs provinciaux déplorent que, même s’ils font des propositions tarifaires attractives, elles seront communiquées à leurs concurrents nationaux pour que ceux-ci « surenchérissent à la baisse ». En conséquence, la FEB demande l'allotissement au niveau régional des marchés d'achats courants et la suspension de la centralisation de ces marchés.