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… Caroline CAYEUX, sénatrice maire Beauvais, présidente de Villes de France : « Non à des métropoles qui concentreraient toutes les compétences au détriment des autres villes »

06/07/2016

L’Association Villes de France, qui regroupe les communes de 20.000 à 100.000 habitants et leurs intercommunalités, vient de se réunir en congrès. Quelles sont vos priorités ?

Nous souhaitons davantage de stabilité institutionnelle et juridique. Nous avons besoin d’une pause dans les réformes. Nous n’avons pas fini de gérer et digérer la réforme territoriale. Il nous faut maintenant stabiliser nos intercommunalités, travailler sur la mutualisation. La mise en pratique n’est pas toujours simple.

Nous avons aussi besoin d’évaluations concrètes de l’impact des annonces du président de la République concernant la contribution demandée aux collectivités territoriales pour le redressement des finances publiques. On nous parle aussi d’une réforme de la DGF qui serait plus juste et plus équitable. Attention, la justice n’est pas toujours l’équité. La DGF territoriale pose des problèmes entre la ville-centre et l’intercommunalité. L’introduction de l’effort fiscal rénové est une mesure de justice que nous attendons.

Vous craignez que les partenariats renforcés entre l’État et les métropoles se fassent au détriment des villes moyennes. Pourquoi ?

L’État a lancé des plateformes pour mieux travailler avec certains niveaux de collectivités, plateformes État-régions et État-métropoles. Les villes de France ont aussi des attentes dans leur relation avec l’État. Les 600 maires de Villes de France, dont les collectivités maillent le territoire national, vivent des situations difficiles. Nos villes moyennes sont des points de repères pour tous les habitants. Elles constituent un atout pour notre pays. Par exemple, dans mon département de l’Oise, il n’y a pas de métropole et le territoire s’organise autour de nos villes. Or, nous avons l’impression qu’une concurrence pourrait être encouragée par l’État dans un processus de concentration continue vers les métropoles. Nos villes ont besoin d’être mieux protégée par l’État et je suis demandeuse d’un partenariat gagnant-gagnant plutôt que d’une concurrence entre les métropoles et nos villes. Non à des métropoles qui concentreraient toutes les compétences au détriment des autres villes. Je pense notamment aux pôles universitaires qui sont très importants pour nos villes. Si on n’y prend pas garde, on risque de creuser la fracture territoriale entre les métropoles et nos territoires urbains. Je ne suis pas opposée aux métropoles mais leur richesse les oblige à notre égard. Elles doivent rayonner mais elles doivent avoir avec nous des synergies auxquelles nous sommes particulièrement attachés. Le développement des métropoles ne peut pas se faire au détriment des autres territoires urbains. Je souhaite que la convention que l’État va passer avec les métropoles les oblige à avoir des liens renforcés avec nos villes.

Vous avez aussi centré vos débats sur les politiques sportives et culturelles de vos villes. Pourquoi en faites-vous une priorité ?

Le sport et la culture occupent une place centrale dans la dynamisation de nos coeurs de villes et leur attractivité. Dans le contexte des restrictions budgétaires, nous devons travailler à l’optimisation transversale des politiques sport et culture avec le défi majeur d’une meilleure utilisation et mutualisation des usages des équipements sportifs, tout en prenant en compte les nouvelles temporalités de notre société. Il nous faut rebâtir les politiques du sport dans ses champs éducatif et social, de sorte qu’il soit davantage au service de la santé et de la population. De même la culture est prioritaire et pour nos villes, c’est aussi un marqueur fort comme le montre la réussite de villes comme Angoulême ou Arras autour de grands événements.