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Jean-Marie BOCKEL, sénateur UDI du Haut-Rhin, président de Mulhouse Alsace Agglomération : « La Garde nationale devra s’appuyer sur une territorialisation de la réserve opérationnelle »

26/07/2016

Vous venez de présentez au Sénat un rapport dont vous êtes co-rapporteur avec votre collègue Gisèle Jourda (PS, Aude) sur la Garde nationale, une réserve militaire forte et territorialisée pour faire face aux crises. De quoi s’agit-il quand vous parler de Garde nationale ?
 
L’expression Garde nationale a été employée par le président de la République et cela signifie quelque chose dans notre mémoire nationale. Cela existe dans d’autres pays mais la Garde nationale à la française ne doit pas être comme en Russie une armée bis ou comme la Garde nationale américaine. Pour nous, cela doit être, dans le cadre de la montée en puissance de la réserve militaire, une territorialisation de la réserve. Nous sommes devant de graves dangers : terrorisme, risques de troubles, catastrophes naturelles, technologiques ou industrielles. Il se trouve que les armées d’active et la réserve constituent la France telle qu’elle est dans sa diversité et ses valeurs. C’est l’outil de cohésion le plus fort de notre pays. La professionnalisation des armées, à la fin des années 1990, devait s’accompagner d’une réserve plus disponible et mieux formée. Mais, la montée en puissance de la réserve ne s’est jamais produite. Elle reste malheureusement une variable d’ajustement budgétaire pour la défense.
 
Comment réussir cette montée en puissance ?
 
Les réservistes qui sont dans des missions opérationnelles sont des militaires comme les autres mais on ne les utilise pas assez. Il faut que leurs employeurs, entreprises et administrations, puissent les rendre plus disponibles. Nous faisons aussi des propositions concrètes en direction des jeunes, des étudiants, des demandeurs d’emploi et même des lycéens pour la préparation à la réserve car on vit une volonté d’engagement. Il faut maintenant organiser ces recrutements et répondre à la question des missions. Nous avons là des citoyens qui ne demandent qu’à s’engager. On a annoncé le passage de 28.000 sur le papier à 40.000 réservistes depuis le Livre blanc pour la défense mais il faut un commencement de mise en œuvre et s’interroger sur cette réalité.

En quoi consisterait la territorialisation de cette garde nationale ?
 
Il nous faut un maillage territorial. La Garde nationale devra s’appuyer sur une territorialisation de la réserve opérationnelle dans une double ambition : d’un côté, renforcer la présence militaire sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les zones devenues des “déserts militaires“ à la suite des réorganisations de l’armée active et dans les secteurs identifiés comme présentant un risque particulier de crise ou de troubles importants ; de l’autre côté, faire jouer à plein les effets positifs induits par la proximité entre bassin de vie et lieu d’activité militaire, à la fois en termes de facilitation du recrutement de volontaires et d’optimisation de l’emploi des réservistes dans des missions de protection. La gendarmerie a parfaitement réussi sa réserve opérationnelle. C’est le modèle à suivre. Nous devons tirer parti, pour le recrutement de réservistes et leur emploi dans des missions de protection, de la proximité induite par cette réorganisation entre bassin de vie et lieu d’activité militaire.