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Charles-Eric LEMAIGNEN, président de l’AdCF, président de la communauté urbaine d’Orléans : « Nous souhaitons un réel dialogue entre l’État et les collectivités territoriales sur l’investissement »

30/01/2017

À l’issue de la réforme territoriale, le paysage intercommunal vient d’être très fortement remanié. C’est donc une nouvelle étape qui s’ouvre. Comment l’abordez-vous ?
 
Nous devons mieux faire comprendre l’intercommunalité et son nouveau profil. Deux intercos sur trois ont été concernées par les changements de périmètres et la France compte 1.266 communautés de communes, d'agglomérations et métropoles, au 1er janvier 2017 contre 2.060 un an plus tôt. Leur moyenne est de 22.000 habitants. Il y a certes des communautés XXL mais elles ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt. L’élargissement des périmètres change la donne dans la pseudo-rivalité entre urbain et rural qu’on évoquait souvent. Désormais, la plupart des communautés sont “urbano-rurales“ ou “ruralo-urbaines“. Si je prends l’exemple de l’agglomération de Reims, elle est passé d’un territoire dense à un  territoire plus vaste de 144 communes qui a absorbé huit petites communautés de communes dans lesquelles il y avait au plus des communes de 3.500 habitants. Cela implique une nouvelle gouvernance et je constate que l’exécutif est un enjeu politique plus fort. Nos concitoyens se sont fortement intéressés aux élections à la tête des intercommunalités.
 
Le débat qui opposait parfois communes et intercommunalité est-il clos ?
 
L’interco n’a pas à se substituer à la commune, il est très important de bien expliquer cela pour éviter les malentendus, comme quand j’entends une candidate à l’élection présidentielle qui propose de revenir sur l’interco. C’est la complémentarité qui s’impose. Les Français sont très attachés à cette médiation sociale de proximité qu’incarnent la commune et son maire. Pour nous,  le contrat entre la commune et l’intercommunalité est incontournable, il est évident, mais nous insistons aussi sur le projet de territoire. L’intercommunalité est le périmètre pertinent de l’exercice des grandes politiques publiques telles que le développement économique, les transports, les politiques environnementales comme la gestion de déchets. Tout cela se passe à l’échelle du bassin de vie que traduit le périmètre de l’intercommunalité.
 
À l’orée de 2017, année électorale, quel est le message que vous adressez au futur exécutif national ?
 
Nous ne voulons pas de yo-yo législatif. Nous allons faire une adresse aux candidats à la présidentielle et nous leur demandons de se positionner sur l’évolution des dotations et de la fiscalité, sur la relance de l’investissement public local. Les études que nous menons avec la Caisse des dépôts montrent qu’après le léger redressement enregistré au premier trimestre 2016, c’est la dégringolade. Or, on ne peut pas plaider à la fois pour la relance de l’investissement et la rendre impossible. Nous souhaitons l’organisation d’un réel dialogue territorial entre l’État et les collectivités avec, pourquoi pas, des pactes qui nous donneraient la lisibilité nécessaire pour développer sur le terrain nos programmes d’investissement.