Twitter Facebook Linkedin
Partager sur :

Expérimentation des “brigades territoriales de contact“ pour renforcer la proximité de la gendarmerie

02/03/2017

Le ministre de l’intérieur a officiellement lancé le 1er février pour une période de six mois, l’expérimentation du dispositif des “brigades territoriales de contact“ dans 30 brigades réparties dans 24 départements. Il poursuit un objectif prioritaire : renforcer la qualité de la relation qu’entretiennent les gendarmes avec les élus et la population, dans le cadre d’un service de proximité. Les missions des brigades de gendarmerie vont être allégées pour favoriser le contact avec la population. Les brigades sont équipées de nouveaux moyens technologiques permettant aux gendarmes de traiter sur le terrain une part importante de l'activité auparavant effectuée dans les locaux de l'unité, renforçant par là leur présence sur le terrain. Le dispositif doit contribuer à préserver la qualité du maillage territorial de la gendarmerie comme l’a expliqué à l’automne dernier le général Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN), devant les députés de la commission de la Défense.

Depuis 15 ans, le nombre de brigades territoriales a chuté de 500 (3.111 actuellement) avec la création de “communautés de brigade“. Cela s’est traduit par un allongement du temps d’intervention des gendarmes, ce dernier étant passé à 12 minutes en moyenne. Pour le DGGN, “le sentiment que les gens nous renvoient, c’est qu’ils ne voient plus le gendarme“. Cela tend aussi à amoindrir la capacité des gendarmes à détecter les “signaux faibles “ en matière de renseignement.

Pour le général Lizurey, “une brigade classique aujourd’hui a la totalité du spectre missionnel : police de la route, police judiciaire, police administrative…, ainsi que toutes les charges administratives liées au fonctionnement d’une brigade. L’idée serait de retirer toutes ces missions, ou une grande partie, à certaines brigades pour leur donner du temps. Tout ce qui consomme du temps à la caserne a vocation soit à ne plus être fait, soit à être fait par quelqu’un d’autre, une unité spécialisée comme une unité de recherche pour la PJ, une unité motorisée pour la sécurité routière…“, avait expliqué le général Lizurey aux parlementaires. “L’objectif est que les gendarmes de ces unités n’aient d’autre mission que le contact avec la population et les élus, sans travail de nuit qui implique des récupérations, ni déplacements au chef-lieu de communauté qui prennent du temps. Nous expérimenterons le concept ici et là pour voir si c’est, tout d’abord, réalisable et, ensuite, efficace“, a-t-il ajouté. L’expérimentation en cours va permettre de valider le projet.

Signalons par ailleurs que la gendarmerie développe des antennes territoriales dédiées au renseignement. Ces unités sont constituées par un “binôme de gendarmes installé dans une brigade de gendarmerie, mais qui a pour vocation de capter, dans les profondeurs du territoire, des signaux faibles qu’il est ensuite chargé d’analyser et d’exploiter avant de les transmettre aux services spécialisés“, selon le général Lizurey .