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André ROSSINOT, président de la Métropole du Grand Nancy, secrétaire général de France urbaine : « La modernité n’est pas technocratique, elle est puissamment politique et philosophique »

28/03/2017

Lors des Journées nationales de l’association, France urbaine, qui rassemble les grandes villes, métropoles et agglomérations, vous avez plaidé pour une alliance des territoires qui permettrait d’en finir avec le débat opposant territoires urbains et ruraux. Comment ?
 
Dans le cadre des contrats État-métropoles que les métropoles ont signés avec l’État, il y a un concept de réciprocité. Je propose à mes collègues présidents de métropole et présidents d’agglomération de trouver un sujet de dialogue et de respect réciproque pour une contractualisation avec une partie de territoire rural. Des initiatives ont déjà été prises comme à Toulouse avec le Gers dans un contrat de réciprocité. Chacun, dans nos territoires urbains, nous devons faire la démonstration d’un accord en donnant le signal de la réconciliation des territoires. Sur cette base de réciprocité, nous prouverons que si nous voulons obtenir demain de l’État et de l’Europe le respect et les moyens qui conviennent à nos collectivités, il faut que nous apportions cette preuve d’unité de la République des territoires.
 
Vous mettez en garde vos collègues élus locaux sur les risque de fracture territoriale. Pourquoi ?
 
Ne découpons pas la France en territoires urbains, périphériques, ruraux, et même ruraux profonds comme certains le disent. Nous voyons bien qu’aujourd’hui, il y a une chose qui nous rassemble, c’est la République et ses valeurs. Soyons au rendez-vous de ce qui doit être la modernité de nos territoires. Cette modernité n’est pas technocratique, elle est puissamment politique et philosophique. Il n’y a pas de politique sans philosophie de la vie, sans vision prospective. Nous sommes aujourd’hui sur un concept qui est celui de l’alliance des territoires. Je crois à l’intelligence collective. C’est une nouvelle pratique dans tous les secteurs, dans le monde de l’économie ou de la recherche. Nous devons approfondir nos façons de travailler ensemble sur nos territoires, de coproduire des politiques publiques pour le développement.
 
Dans le manifeste des élus urbains adopté par votre association, vous demandez la mise en œuvre d’une loi de finances dédiées aux collectivités territoriales pour renouveler la gouvernance des finances publiques locales. Pourquoi ?
 
Nous avons besoin d’un nouveau souffle pour la lisibilité de l’action publique en direction des collectivités territoriales. Le Parlement a des moyens de recherche de solutions techniques et d’expertise pour ne pas être dépendant du diagnostic unilatéral du ministère des finances ou de la DGCL.  Cela permettra d’avoir des études préliminaires solides sur les finances locales, sans attendre des simulations de l’administration centrale qui arrivent souvent trop tardivement. Ce n’est pas faire défaut à l’État, c’est lui montrer que nous ne sommes pas en situation de subordination mais plutôt que nous sommes dans une démarche contractuelle de respect et d’intérêt supérieur.