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Christian ECKERT, secrétaire d’État chargé du budget et des comptes publics : « Notre objectif de dépense pour 2016 a été respecté »

13/04/2017

Lors de la présentation des chiffres du déficit des administrations publiques 2016, vous avez salué la baisse du déficit public, de 3,4 % du PIB, mieux que la trajectoire inscrite fin 2014 dans la loi de programmation des finances publiques qui fixait un objectif à 3,6%. Pour l’administration de l’État, quels ont été les efforts réalisés?

Entre 2012 et 2016, le déficit de l’État a été ramené de 87 milliards d’euros à 69 milliards, soit une diminution de plus de 18 milliards. Pour la première fois depuis 2008, le déficit de l’État est repassé sous la barre des 70 milliards. À périmètre constant, les dépenses de l'État ont baissé en valeur et notre objectif de dépense pour 2016 a été respecté. Les économies réalisées ont été basées à la fois sur des réformes transversales des fonctions support, comme les achats de l'État ou l'immobilier, et sur une approche sectorielle basée sur des analyses précises comme celles des revues de dépenses lancées depuis deux ans.

Les opérateurs de l'État ont été mis à contribution par une baisse systématique des taxes affectées. Dans le même temps, tout en redressant les comptes, nous sommes parvenus à dégager les moyens nécessaires pour financer nos grandes priorités.

Avez-vous le même satisfecit pour la sécurité sociale?

Les comptes de la sécurité sociale ont continué à s'améliorer en 2016 de près de 3 milliards d’euros. Depuis 2012, la réduction du déficit s'est poursuivie année après année. Les comptes de toutes les branches s’améliorent, et la branche retraite est même excédentaire de plusieurs centaines de millions en 2016. La dette de la sécurité sociale baisse chaque année depuis 2015 et est inférieure à son niveau 2012. L’ONDAM 2016 a aussi été tenu, comme chaque année depuis le début de quinquennat. Avec une progression de 1,8 % seulement, il s’agit pourtant du plus faible taux d’évolution des dépenses d’assurance maladie depuis presque 20 ans, grâce à un pilotage serré, et aux efforts de tous les acteurs du monde de la santé. Parallèlement, tout en réduisant les déficits et grâce à une dépense maîtrisée, nous avons renforcé notre système de protection sociale ; nous avons donné de nouveaux droits à nos concitoyens, sans aucun déremboursement.

Quel jugement, enfin, portez-vous sur les comptes des collectivités territoriales et sur l’évolution des finances locales ?

Les collectivités territoriales ont démontré ces dernières années qu'elles étaient capables de s’adapter à un environnement budgétaire contraint et pour ce faire, elles ont engagé des mouvements de réforme et de mutualisation sans précédent que viennent appuyer les réformes législatives comme celle de la carte intercommunale. Après avoir retrouvé l’équilibre en 2015, le solde des collectivités locales est excédentaire en 2016. Ce résultat est la conséquence d’un fort infléchissement de leurs dépenses de fonctionnement, qui ne devraient progresser que de 0,4 % en 2016, après1,7 % en 2015.

Ce ralentissement est manifeste sur les dépenses de personnel. Elles progressent de 0,9 % en 2016, après 1,9 % en 2015 et 4,1 % en 2014. Les derniers chiffres de l'INSEE sur les effectifs, qui portent sur 2015, montrent par ailleurs que ceux-ci se sont stabilisés, ce qui est inédit. Dans le même temps, les recettes de fonctionnement ont continué à progresser en valeur, en dépit de la baisse des dotations de l'État.

La contribution des collectivités locales au redressement des comptes publics est donc une réalité, ancrée dans la durée. C’est un résultat très positif, dont nous pouvons être collectivement fiers. Aujourd’hui, les conditions me semblent réunies pour que les collectivités aient de nouveau confiance en leur avenir, ce qui devrait permettre une reprise de l'investissement local.