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Mieux définir et mesurer les déserts médicaux

26/05/2017

Dans la série “les dossiers de la DREES“, le service des études du ministère de la santé publie une étude très fouillée qui permet de mieux comprendre la notion de . Ce dossier rassemble les éléments chiffrés disponibles et vise à poser quelques jalons dans la recherche de définitions partagées rendant possible l’objectivation. On y trouve aussi une large cartographie sur l’accès aux médecins spécialistes.

D’après la mesure proposée, 8 % de la population réside dans une commune sous-dense en médecins généralistes, au sens d’une accessibilité inférieure à 2,5 consultations par an et par habitant. Sur la période 2012-2015, on observe une légère augmentation de la population située en dessous de ce seuil, mais l’accessibilité des zones qui étaient en-dessous du seuil en 2012 s’est très légèrement améliorée.

Si l’on prend en compte les trois principaux points d’entrée du système de santé à savoir les médecins généralistes, les pharmacies et les services d’urgences, environ 0,5 % de la population cumule des difficultés d’accès aux trois. De même, les difficultés d’accès aux médecins généralistes et aux services d’urgence, qui concernent respectivement 8 % et 6 % de la population, ne se cumulent que dans des cas minoritaires.

98 % de la population réside à moins de 10 minutes de route d’un médecin généraliste et un rapport de 1 à 3 distingue les 10 % de la population ayant le meilleur accès aux soins des 10 % de la population ayant l’accès le plus faible. Les inégalités sont plus marquées concernant l’accès aux spécialistes, ce rapport variant de 6 à 19 selon la spécialité considérée, mais plus des trois quarts de la population réside à moins de 20 minutes du spécialiste le plus proche, quelle que soit la spécialité considérée.

La proximité et la disponibilité ne sont pas les seuls facteurs influençant l’accessibilité. Le manque de médecins dans un territoire peut conduire à la suractivité des médecins présents. Il faut aussi prendre en compte les caractéristiques de la population locale. Plus elle est âgée, plus elle a besoin de soins.

L’étude part de la notion d’accès aux soins qui couvre un champ extrêmement large, incluant des obstacles de natures très diverses. La notion d’accès aux soins pose ainsi deux questions. D’une part, il s’agit de savoir quelles réalités sont considérées comme des obstacles à l’accès, c’est-à-dire comme difficultés non légitimes, non justifiées. D’autre part, l’étude permet de déterminer quel “niveau d’effort“ est considéré comme acceptable pour recourir aux soins. Il s’agit d’évaluer l’acceptable et l’inacceptable, à l’aune de valeurs sociales et politiques.

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