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La forte proportion de diplômés tire tous les salaires vers le haut selon les territoires 

07/06/2017

Une étude de France Stratégie montre que plus la part des très diplômés dans la population d'une zone d'emploi est importante, plus les salaires sont élevés, y compris pour les travailleurs les moins qualifiés. En France, le salaire net horaire moyen varie du simple au double selon la zone d’emploi. En France métropolitaine, il varie même quasiment du simple au double entre Saint-Flour dans le Cantal (10,4 euros) et Paris (19,1 euros) en 2012. Largement attribués aux effets de composition et de densité de l’activité économique, ces écarts tiennent donc en réalité aussi à la concentration de personnes très diplômées.

L’effet de composition est le poids relatif de certaines activités économiques et de certaines catégories socio-professionnelles dans une zone d’emploi. Ainsi, la zone d’emploi de Paris compte huit fois plus de cadres supérieurs que celle de Saint-Flour, ce qui pourrait expliquer l’écart de salaires moyen. Pour les auteurs de l’étude, cette explication est valable mais insuffisante puisque l’écart entre les territoires subsiste lorsqu’on compare les salaires d’une même catégorie socioprofessionnelle (CSP).

Les effets de densité, c'est-à-dire les gains de productivité tirés du regroupement des activités et des personnes sur un même territoire, n’explique pas le surcroit de salaire, selon les estimations des auteurs, même si la concentration permet des économies d’échelle liées à la taille du marché et une meilleure adéquation de l’offre à la demande de travail.
 
Les effets dits “d’externalité de capital humain“ décrivent l’impact sur le niveau des salaires de la part des très diplômés dans les populations locales, en l’espèce les bac + 3 et plus. Sans surprise, c’est dans les zones d’emploi du bassin parisien et des métropoles de province qu’elle est la plus élevée. Les auteurs montrent que, dans ces zones, le surcroît de salaire attribuable à la forte concentration de diplômés (par rapport à une zone moyenne) s’élève à 2 % pour les employés et à environ 4 % pour les professions intermédiaires et les cadres. “À CSP donnée, la concentration de diplômés supplante la densité de l’emploi dans l’explication des différences de salaires moyens“, concluent les auteurs. Ils montrent toutefois que l’effet positif lié à la concentration de diplômés est freiné par l’effet de congestion que génère une trop forte densité.
 
Une forte proportion de diplômés accroît les salaires dans une zone d’emplois en tirant à la hausse les compétences de tous, y compris des moins qualifiés, via la diffusion-transmission des connaissances de proche en proche ; et en augmentant la demande de services (garde d’enfants, restaurants…), donc les salaires dans ces secteurs d’activités.

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