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Comment repenser la place de la voiture demain

21/06/2017

L’Institut Montaigne vient de publier un rapport instructif : “Quelle place pour la voiture demain ?“. Face aux questions que pose l’usage de l’automobile à notre société, les pouvoirs publics ont une forte propension à adopter des politiques de fermeté, voire de coercition vis-à-vis des automobilistes. Pourtant, selon des enquêtes comparatives réalisées pour l’Institut Montaigne, la voiture est à la fois un objet d’affect et une nécessité au quotidien pour la plupart des Français. Ainsi, si les citoyens sont pleinement conscients du poids de l’automobile pour l’environnement, ils y demeurent néanmoins très attachés.
 
L’automobile reste source d’externalités indésirables. En France, le transport représentait ainsi 26,9 % des émissions de gaz à effet de serre en 2013 et 28 % des émissions de particules en Île-de-France. La congestion dans les centres-villes entraîne à la fois une augmentation de ces émissions, mais aussi une perte de temps, estimée à 38 minutes par jour à Paris, et d’argent considérable pour les usagers de la route.
 
L’interdiction de certains types de véhicules en ville et la piétonisation de zones urbaines illustrent ainsi une dynamique “anti-voiture“ au sein des grandes métropoles. De plus en plus marquée, cette orientation semble aujourd’hui la réponse privilégiée par les pouvoirs publics pour répondre aux défis de la mobilité de demain.
Pour autant, la voiture bénéficie encore d’une image positive pour plus de trois quarts des Français : elle est avant tout source d’indépendance et de liberté (56 %). L’automobile est par ailleurs indispensable pour une grande proportion des Français. Plus de 60 % d’entre eux prennent leur voiture pour se rendre à leur travail,    43,7 % n’ayant pas d’alternative pour réaliser ce trajet. Cette proportion est plus importante qu’en Allemagne (35 %) et qu’en Californie (41 %). Pour l’Institut Montaigne, c’est un constat sur lequel il est indispensable de faire reposer toute réflexion sur l’avenir du véhicule automobile.
L’importance sociale, voire affective, de la voiture se double d’un rôle économique de premier plan : en 2015, la filière automobile française représentait 440.000 salariés en France (en équivalent temps plein). Elle induisait indirectement 2,1 millions d’emplois supplémentaires selon le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA), notamment via les métiers liés à l’usage de la voiture (vente, après-vente, location, etc.) ou ceux liés à la mobilité (transport routier de marchandises, transport de voyageurs, etc.). Le secteur automobile représente 16 % du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière française.
 
Pour répondre aux  défis, l’Institut Montaigne formule dix propositions concrètes reposant sur une logique incitative, ainsi que sur un encouragement à l’expérimentation et à la coopération entre les acteurs de la mobilité de demain.

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