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Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine :
Projet de fusion Hauts-de-Seine-Yvelines : « Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est la liberté »

04/07/2017

Les assemblées des deux départements Hauts-de-Seine et Yvelines ont voté, vendredi 30 juin, en faveur d’une demande de regroupement des deux départements de l’ouest francilien auprès du gouvernement. Cela fait suite à la création en février 2016 d’un établissement public interdépartemental regroupant une série de services et compétences. Les deux assemblées départementales souhaitent désormais que le gouvernement approuve rapidement leur regroupement. Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, présente les raisons de ce projet.

« Maintenant que nous avons prouvé par l’exemple, avec notre établissement public interdépartemental, que ce regroupement peut être opérationnel et utile, maintenant que nous avons montré que tout cela avait un sens, qu’on pouvait simplifier le millefeuille territorial, réaliser des économies d’échelle, sans que cela ne coûte 1 centime de plus au contribuable, je ne vois pas pourquoi nous n’irions pas plus loin avec Pierre Bédier (ndlr : président du conseil départemental des Yvelines), pour constituer une collectivité unique.
Ce regroupement volontaire nous permettra d’accroître l’attractivité de toute la région, de réaliser des économies d’échelle, tout en maintenant un service de proximité et de qualité. Ces objectifs sont d’ailleurs tout à fait conformes aux orientations gouvernementales actuelles.

Cette politique d’attractivité, nous la menons déjà, avec nos propres forces et nos propres moyens, à côté d’un État qui se désengage de plus en plus, puisqu’il ne finance quasiment aucun équipement public culturel ou sportif en Ile-de-France. Nous continuons d’investir, de financer de grands équipements, de grandes infrastructures routières, de grands réseaux numériques, des transports aussi (dont nous n’avons pourtant pas la charge). Yvelines et Hauts-de-Seine réunis, nous pourrons poursuivre et accentuer ces efforts, et faire face à l’étranglement financier auquel les collectivités sont confrontées. En quatre ans, nos deux départements ont perdu un demi-milliard d’euros.

Ce regroupement constituera aussi un moteur de développement fort pour la métropole. Il ne s’agit pas de nier ou de supprimer le fait métropolitain, bien au contraire. Il s’agit de construire une métropole à la fois puissante et équilibrée.
Pour cela, il faut une métropole qui n’abandonne pas la grande couronne. Qui ne laisse pas de côté les zones urbaines et rurales les moins favorisées, au risque de voir un hyper-centre tourner en rond sur son nombril, concentrer toute la substantifique moelle, oublier les réalités de plusieurs millions d’habitants à sa porte. Le contour géographique de la région (qui représente 30 % du PIB national), serait je pense, le bon niveau pour la métropole. Ce que je souhaite, c’est que la région métropole soit un territoire où il fait bon vivre, admiré à tout point de vue (de l’équilibre social à l’attractivité économique), et pas seulement pour faire des “selfies“ au pied de la Tour Eiffel… Et dans un contexte européen où la tectonique des plaques est à l’œuvre, notamment depuis le Brexit, toutes les actions favorisant l’attractivité sont les bienvenues. Alors qu’on laisse les collectivités libres d’appliquer les politiques qu’elles jugent utiles pour leurs territoires, comme Lyon a réussi à le faire, grâce à la volonté de ses élus locaux. Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est la liberté. »