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Évolution des structures sociales et sentiment de déclassement

18/07/2017

Une étude de l’INSEE révèle les mobilités sociales et le sentiment de déclassement. Sur une génération, la structure sociale s'est modifiée vers le haut, avec notamment une progression de la proportion de cadres. Ainsi, en 2014-2015, 27 % des personnes de 30 à 59 ans considèrent que le niveau ou le statut de leur profession est plus élevé ou bien plus élevé que celui de leur père. Des personnes estiment que le niveau ou le statut de leur profession est plus élevé que celui atteint par leur père lorsqu’elles terminaient leurs études et 9 % qu’il est bien plus élevé. Au total, près de quatre personnes sur dix expriment un sentiment d’ascension socialepar rapport à leur père.

À l'inverse, un quart des personnes expriment un sentiment de déclassement. 19 % jugent que le niveau ou le statut de leur profession est plus bas et 6 % qu’il est bien plus bas. Le sentiment de déclassement est donc minoritaire au sein de la population et moins fréquent que celui d’ascension sociale. Enfin, 22 % des personnes pensent que leur profession est à peu près équivalente à celle de leur père et 9 % que leur profession n’est pas comparable.

La profession, le milieu d'origine et la trajectoire sociale expliquent avant tout ce ressenti. Ainsi, 36 % des ouvriers et employés non qualifiés et 53 % des personnes occupant une moins bonne position sociale que leur père se sentent déclassées. Le sentiment de déclassement, tout comme celui d'ascension sociale, concerne tous les milieux sociaux: environ un cadre sur cinq estime que sa position sociale est moins élevée que celle de son père ; environ un employé ou ouvrier non qualifié sur cinq considère occuper une meilleure position sociale que son père.

Parmi les employés et les ouvriers, le sentiment de déclassement varie très fortement, de 16 % à 45 %, pouvant refléter des différences de conditions d'emploi, de rémunérations ou encore de prestige des professions. Le sentiment de déclassement est plus faible chez les ouvriers qualifiés, notamment ceux de l’industrie, du bâtiment et des travaux publics ou de la mécanique et du travail des métaux, pour lesquels la mobilité sociale descendante est très rare (environ 10 %). Ce sentiment est également peu répandu parmi les militaires, les policiers, les surveillants pénitentiaires et les pompiers(17 %).

Par rapport à leur père, les femmes se sentent plus souvent déclassées que les hommes (27 % contre 23 %), en lien avec des situations plus défavorables sur le marché du travail. Mais par rapport à leur mère, seules 11 % se sentent socialement déclassées, reflet de la profonde transformation de la place des femmes sur le marché du travail sur une génération.

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